Le brunch, contraction de « breakfast » et « lunch », apparaît en Angleterre : en 1895, l'essayiste Guy Beringer publie « Brunch: A Plea » dans le magazine Hunter's Weekly et y défend un repas tardif du dimanche, léger et convivial, pour remplacer le lourd déjeuner d'après-messe. L'idée traverse l'Atlantique et devient, aux États-Unis, un rituel mondain puis populaire du week-end. Paris l'adopte à la fin du XXe siècle et le réinvente avec ses viennoiseries, ses œufs et son art de la terrasse. Aujourd'hui, un brunch réussi tient en trois codes : une fin de matinée qui s'étire, une formule salée et sucrée avec boisson chaude et jus, et un esprit de convivialité sans montre.
Dimanche, onze heures passées. La lumière a pris ses aises sur la nappe, le café fume encore, quelqu'un hésite entre un œuf brouillé et une tranche de brioche, et personne ne regarde l'heure. La table s'étire, les conversations aussi. Ce moment suspendu, à mi-chemin entre le réveil et l'après-midi, porte un nom que tout le monde connaît : le brunch.
Mais d'où vient ce repas qui n'est ni tout à fait un petit-déjeuner, ni vraiment un déjeuner ? Qui l'a inventé, pourquoi s'est-il installé le dimanche, et comment Paris, ville de croissants et de bistrots, en a-t-elle fait l'un de ses rendez-vous favoris ? Remontons le fil de l'origine du brunch, de l'Angleterre victorienne aux terrasses du 14e arrondissement, pour comprendre ce rituel… et donner envie de le vivre.










